Facebook est né comme un réseau social visant à rassembler les diplômés de Harvard. Il s'est par la suite étendu aux universités américaines, et a maintenant largement dépassé ce cadre. Je lui dois des retrouvailles concrétisées real-life avec des amis de collège / lycée. Priceless comme dit la pub.
En ceci, cet outil est extrêmement efficace et valorisable, par l'inertie qu'il a gagné et la quantité incroyable de données qu'il contient et qui facilite les retrouvailles. Il existe sûrement plein de choses à dire sur les mérites réels de la plateforme, mais passons. Voici là où je veux en venir :
La merveille à droite est la première chose que l'on voit lorsqu'on recherche "nom d'une amie" et qu'on clique sur "Photos". Un appart saccagé avec un type visiblement pas à son mieux et l'amie en question dans un état indéterminé.Ça a dû être une excellente crémaillère et je m'en réjouis pour eux, mais réfléchissez un instant. Qu'ai-je du faire pour accéder à ceci ? Une simple recherche d'un nom dans Facebook.
Qu'aurais-je à faire pour accéder à ceci dans quelques mois ? Une simple recherche dans n'importe quel moteur de recherche (l'indexation du contenu FaceBook par les moteurs de recherche a commencé).
Bref :
- Le netcitizen lambda crée de plus en plus de contenu (images, texte, vidéos, commentaires, ...)
- Ce contenu devient accessible de plus en plus facilement (moteurs de recherche de plus en plus puisssants, profils connectés entre eux, tagging de photos --mon préféré--, et j'en passe...)
Quel est le message transmis par les "causes supportées" de ce type inscrit à Facebook pour ses proches ? Un brave gars rigolo et amateur de houblon. Ambiance potache, le monde est beau.A contrario, quel est le message que perçoit un recruteur hésitant, un fournisseur ou un client pas sûr de faire son achat lorsqu'il fait une recherche sur toi en espérant trouver des marques d'actions et de professionnalisme ? L'image d'un branleur fini. Voilà ce que l'application "Définissez-moi" nous dit sur cette même
personne :Qu'on ne me dise pas que je suis parano et que personne ne fait ce genre de recherche. Je sors d'entretien. Il n'y avait même pas de DRH dans les trois personnes à qui j'ai parlé, mais tous avaient fait un rapide recherche sur moi avant de venir.
J'ai passé dix bonnes minutes à définir ce qu'est pour moi un geek, précisément parce que je m'affirmais geek sur mon site web et que ça avait interpellé. J'ai été enchanté qu'on me demande des explications sur cette phrase volontairement provoc' qui m'a permis d'aborder des thèmes qui m'intéressent (un geek est un passionné de quoi que ce soit, qui a une connaissance pointue dans certains domaines, qu'il adore partager à qui se montre intéressé).
Cette phrase est une perche tendue et contrôlée qui me permet d'aborder des sujets qui m'intéressent.
Par contre, lorsque monsieur le recruteur tombe sur la photo ou tu es tout sourire avec le visage maquillé de rouge à lèvres, un chapeau ridicule et une bière à la main en train de faire vomir ta sublime conquête du dernier samedi soir, tu lui tends juste le bâton pour te faire frapper.
Loin de moi l'idée de plaider pour une aseptisation globale de ton profil, et je trouve que le surnom de "kéké le roi de la saucisse-frites" te va à ravir, mais je ne suis pas sûr que le rendre aussi visible aux yeux du monde soit une excellente idée. Tes amis te connaissent-ils si mal qu'il faut leur rappeler en détail ce que tu es (ou plutôt une image déformée de ce que tu es) dans une fenêtre de navigateur ? Ou ne vaudrait-il mieux pas réserver les espaces publics comme celui-ci à des fonctions utiles et honorables telles la recherche d'anciens amis, le couch surfing ou encore la drague ?
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EDIT mars 2010: Bonjour à toi, lecteur qui as probablement trouvé ce post de novembre 2007 en cherchant "faceplouc" (serais-je l'inventeur de ce jeu de mots ? Gloire). Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis :
- Facebook est de plus en plus utilisé et ses vices mieux connus
- La médiatisation de gaffes / licenciements relatifs à Facebook a permis une prise de conscience des conséquences possibles d'une telle centralisation de données
- Enfin, les paramètres de partage par défaut sont plus sains
J'ai depuis écrit d'autres articles sur le sujet, en français et en anglais.